Tout se déroule à une époque bien sombre de l’histoire des hommes, au temps de l’esclavage. Il y avait, chez une grande famille de l’Ouest, une esclave qui s’appelait Kala. Bien des choses ont-été raconté sur Kala : qu’elle était battue, qu’elle avait volé, qu’une histoire d’amour avait foudroyé sa vie, que son fils lui avait été volé par le maître et vendu à un autre propriétaire, et bien d’autres choses encore, sans que cela ne soit jamais vraiment vérifié.
Ce qui est vrai pourtant, c’est qu’un jour, Kala a mystérieusement disparu. Certaines langue sont raconté qu’elle s’était pendue, d’autres qu’elle s’est jetée dans le Gouffre près de l’Étang-Salé, où la mer gronde si fort… Et c’est à cette époque que les voyageurs qui traversaient l’île ont commencé à rapporter de bien étranges phénomènes : surpris par la nuit qui tombe si tôt, ils entendaient une voix, ils apercevaient des lumières dans la montagne. Certains affirmaient même qu’ils avaient vu une vieille femme noire, au détour du chemin. Toutes les histoires possibles et imaginables erraient dans la montagne, alimentées par les victimes retrouvées, détroussées, terrorisées. Elles tombaient d’accord pour dire qu’elles avaient entendu, un grand cri, comme un croassement, qui déchirait le silence :
- Kalla ! Kalla !
Ill y avait de vrais mystères, des lumières inexplicables, des bruits étranges, des frôlements dans la pénombre, comme il y en a dans toutes les campagnes. Et les mamans, pour inciter les enfants à être sages, avaient pris l’habitude de leur dire : Reste tranquille sinon j’appelle gran mèr Kal !
D’après : http://www.ac-reunion.fr/larouteduweb/2005/qualification/Col-LBedier/reunion/reunion3.htm